Un jour, j'ai...

15 novembre 2015

Un jour, j'ai ... pleuré

Paris

Posté par Essehl à 10:33 - Commentaires [0] - Permalien [#]


15 octobre 2015

Un jour, j'ai ... joué avec des sextoys.

gode

"Hum, ah, oh oui, hin, han, oui, oui, oui!!" Clara Morgane.

 

 

Le trajet en voiture jusqu'à sa maison était torride: des mains qui se baladent, des baisers, des langues qui se touchent, le bruit excitant de son souffle dans mon oreille...

Les quelques mètres dans le froid entre ma voiture et l'entrée de sa maison n'ont pas calmé nos ardeurs: un arrêt toutes les deux secondes pour s'embrasser, se toucher, se serrer...

L'arrivée dans l'entrée et les manteaux qui volent et le déshabillage dans sa chambre ont amplifié notre envie d'en découdre: nos corps nus pressés l'un contre l'autre, nos mains à même la peau, nos doigts cherchant nos sexes, ses tétons durcis par l'envie, ses jambes s'ouvrant comme un appel à la caresse...

 

Et là, elle se lève et m'invite à choisir un jouet parmi sa collection.La température monte encore d'un cran...

"Choisis celui que tu veux, me dit-elle.

-- Tu en es sûre?

-- Oh oui, j'ai envie de jouer avec toi, j'ai envie d'essayer des tas de choses, je veux en profiter, tu m'excites à un point..."

 

Je n'ai jamais utilisé ces objets, mais pourquoi pas après tout. J'ai opté pour un modèle traditionnel, un gode tout simple. Pour un début je pense que c'est pas si mal. 

Elle m'a adressé son plus beau sourire et m'a invité à la rejoindre sur le lit, prenant une pose très équivoque...

"Tu en as vraiment envie?

- Oui, dépêche-toi, je n'en peux plus."

 

A la fois excité et anxieux, je me suis approché d'elle sur le lit... Alors je me suis enfoncé le gode dans le fion et j'ai eu super mal...

Posté par Essehl à 20:56 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

09 juillet 2015

Un jour, j'ai ... rencontré des femmes

Image expo femmes je vous aime

"Qui peut faire appel au coeur des hommes avec plus d'efficacité que la femme?" Gandhi.

 

Parce que je suis en vacances et que je m'ennuie (mouahaha) je me demande quelle playlist accompagnerait la vie d'un homme à différents moments de sa vie amoureuse.

Ah l'homme...

Les femmes...

Les relations...

Musique Maestro!

 

Je suis un petit homme qui voit le jour, en pleine nuit, histoire de faire déjà chier tout son monde.

Je me dis que la vie serait bien triste sans la partager avec quelqu'un.

Une femme.

Voilà ce qu'il me faut. Une femme.

J'en ai déjà une d'ailleurs. Qui me serre dans ses bras, qui me donne le sein, qui m'embrasse.

La femme de ma vie, c'est elle, je l'aime...

Etape1

 

Aujourd'hui j'ai 15 ans.

J'ai vité laissé tomber ma mère, trop vieille. Pis c'était pas très sain j'avoue. J'ai eu des chéries à l'école primaire mais c'était des trucs de gamins tout ça.

Maintenant place aux femmes, aux vraies, les filles de 16 ans, les expérimentées!

Je fricotte d'ailleurs avec Isabelle, la belle (c'est grâce à mes rimes que je l'ai charmée). Ca fait deux semaines qu'on est ensemble, autant dire que c'est quasi le grand amour quoi.

Cet aprem, on se fait un ciné en amoureux, on va voir Saw IV, la grande classe, d'ailleurs je vais pas tarder parce q... Pardon j'ai reçu un texto, ou plutôt un sexto d'Isabelle-la-pas-pucelle... Attention, chaud chaud chaud.

Putain la loose, elle me plaque, elle a besoin de maturité avec un mec de Première S, j'hallucine.

Je fonds en larme.

Papa.

Je vais voir Papa.

On discute bien ensemble, il me rebooste.

Et grâce à ses conseils avinés avisés je sais comment sont les femmes...

Etape2

 

Qu'est-ce que j'étais con à 15 ans...

J'étais loin de la vérité. Les femmes c'est pas du tout ça!

J'avais pas trouvé la bonne c'est tout.

Aujourd'hui c'est bon, j'ai trouvé. Elle a tout: humour, beauté, intelligence, classe, elle aime le sport et a de l'argent !

On est ensemble depuis 6 mois mainteant. On est dans les mêmes cours à la fac.

On s'entend super bien, je suis loin des gamineries de mon époque adolescente!

On vit, on est bien ensemble.

Et ce qui est beau c'est qu'on était en classe ensemble en CE1, et déjà à l'époque je l'aimais bien. J'ai trouvé l'Amour...

Etape3

 

Joyeux anniversaire, joyeux anniversaire, joyeux anniversaire Essehl! Joyeux a-nni-ver-saire!!!

Ils sont gentils mes parents. Ils ont organisé une super fiesta pour mes 25 ans. Tout le monde est là: famille, amis, c'est le pied.

Il me fallait bien ça pour oublier ma séparation douloureuse.

J'y croyais pourtant. Ca a duré 4 ans...

Tout le monde m'aime ici, le moral remonte et je prends la décision de vivre.

Je ne connais rien aux femmes.

Il faut que je m'aguérisse auprès de jeunes femmes, auprès de femmes chevronnées, auprès de toutes les femmes (bon OK, pas toutes toutes les femmes, je n'aurai jamais le temps)...

Etape4

 

J'ai 50 ans aujourd'hui.

J'ai plutôt bien profité de ma vie de célibataire, j'ai pu découvrir des tas de choses, des femmes superbes, des intellos, des pas farouches, des pas faciles, des plans cul, des plans louches, des amourettes...

Mais il me manquait quelque chose.

Il y a 20 ans, j'ai rencontré la perle rare. Le Grand Amour. Elle m'a donné de beaux enfants.

Mais on se perd un peu.

Les premières divergences sont apprues il y a quelques années et d'autres sont venues s'ajouter aux plus anciennes. J'ai devant moi tout un mur de divergences et j'ai jamais trop aimé l'escalade.

Les enfants sont partis étudier, et j'avoue que leur présence me manque, et c'est comme si Elle et moi ne savions plus vivre ensemble, juste tous les deux. D'ailleurs ce soir, je sors avec mes potes, et je ne sais pas à quelle heure je vais rentrer.

J'enfile mon blouson et la voilà qui piaille dans mon dos, je n'y fais même plus attention, depuis le temps. "Et gnagnagni, et gnagnagna..."

Etape5

 

Sale journée.

C'est le défilé devant moi.

Des mains qui serrent les miennes, des embrassades, des mines grises.

Peu sont sincères, peu peuvent imaginer ce que je ressens.

Personne ne sait combien je souffre d'avoir perdu cet être si cher.

Personne ne sait que je nourris tant de regrets...

Etape6

 

Merci à vous les Femmes.

Sachez que je vous adore.

 

Posté par Essehl à 13:32 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

30 juin 2015

Que fait-elle?

mains visage

Pourquoi cette personne cache son visage derrière ses mains?

 

 A: Elle joue à cache-cache avec un bébé (si je le vois pas il me voit pas).

 

B: Elle est vraiment très moche.

 

C: Elle a acheté une télé 3D et regarde un porno (vive la réalité augmentée)

Posté par Essehl à 22:27 - Commentaires [0] - Permalien [#]

06 mai 2015

Un jour, j'ai ... eu rendez-vous avec la femme de ma vie.

rdv

"Si vous ne risquez rien, vous risquez encore plus." Erica Jong

 

Jour J, 9 heures.

Ca y est, c'est le grand jour. Je suis à la fois excité et anxieux. Je me demande comment je vais m'habiller, quelle température il va faire... J'ai bien une petite idée. La dernière fois que je l'ai vue? Y'a une semaine. C'est long une semaine sans voir celle qu'on aime. Vous vous rendez compte?! 7 jours, 168 heures, 10080 minutes, j'ai eu le temps d'y penser.

 

A elle.

A ce moment.

 

Ce moment désiré, attendu si ardemment mais qui m'angoisse. Mais de quoi ai-je peur au juste? Bah d'elle tiens! De ne pas savoir quoi lui dire, des blancs dans la conversation, de bafouiller, de perdre mes moyens, de l'ennuyer, de ne pas voir le temps passer, de rater quelque chose... C'est peut-être la dernière fois où je vais la voir alors faut pas que je foire ce moment. Pas de regrets.

Surtout ne rien oublier, tout dire parce que demain ce sera peut-être trop tard. Ca y est, montée de stress. Je sais, je vais demander à Fred de m'accompagner. C'est mon pote de toujours. La simple idée de penser à lui me fait sentir beaucoup mieux. Je prends mon téléphone et compose le numéro et je raccroche. Et puis merde, au moins une fois dans ma vie, faut que je sois un mec. Il ne sera pas tout le temps là pour me tenir la bite quand je vais pisser. J'aurai tout le temps d'en discuter avec lui après.

 

Elle ne va pas me manger, elle qui est si douce. Un visage d'ange. Jamais elle ne m'a dit de méchanceté, au contraire, elle m'a fait comprendre que j'étais super important pour elle. On ne s'est pas quitté depuis notre rencontre. Qu'est-ce que j'avais pu la détester au début... Depuis, notre quotidien c'est blagues, discussions sérieuses ou très légères, des regards échangés, une grande complicité, une recherche systématique de l'autre. Franchement, si ce ne sont pas des signes...

Alors aujourd'hui j'ai décidé de tout lui dire, plus de secret, j'en ai envie, besoin. J'imagine le déroulement de la conversation pour m'aider, comme quand j'étais gamin et que je devais téléphoner à quelqu'un: je notais tout pour être sûr de ne rien oublier. Un plan d'attaque, voilà ce qu'il me faut.

 

Je pourrais commencer par lui donner des nouvelles des enfants. Elle les adore et eux aussi, je deviens même transparent quand ils sont avec elle. Après j'enchainerais avec mon projet d'emmener la famille vivre à l'étranger. Je vais clairement lui faire comprendre que ce sera dur de partir en la laissant là, je sais qu'elle aurait aimé nous suivre. Mais ce n'est que pour un an, ensuite on revient. Ca passe vite un an.Ca me fait deux bons sujets pour démarrer. Et après? Bah ça fera comme à chaque fois qu'on est tous les deux, la discussion ne trouvera jamais de fin.
Faut quand même que je fasse attention à ne pas trop parler de moi, je ne suis pas le centre du monde.

 

Bon c'est l'heure, je suis prêt, enfn je crois. J'arrive sur le lieu de rendez-vous.

J'ai assuré le coup, j'ai mis la tenue qu'elle préfère. Malgré ça, je mouille les couches.

Est-ce que j'ai raison d'être là? Je peux encore partir, au final ça ne changera rien pour elle. Mais pour moi ça changerait tout. Je l'aime comme un fou. J'ai tellement attendu ce moment.

 

En plus elle est déjà là. Elle m'attend sagement derrière la porte. Je n'ai jamais aimé arriver quelque part après les gens, je déteste quand les regards sont braqués sur moi. Mais aujourd'hui je m'en fous. Elle est plus importante que le reste. D'un geste qui semble durer une éternité, je pose la main sur la poignée et la baisse. J'entre dans la pièce.

 

Je la vois, calme et sereine. Qu'est-ce qu'elle est belle... Quelque chose d'étrange se passe dans le bas de mon ventre. Une larme monte. Qu'est-ce que je peux être con!

Je lui adresse mon plus beau sourire et avance vers elle.

 

 

Il est 11h30 et je referme derrière moi la porte de la morgue.

 

Posté par Essehl à 14:14 - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , ,


04 avril 2015

L'art de sublimer un événement.

hasard

 

Une partie de jambes en l'air sans Marvin Gaye? Pire qu'une branlette dans les toilettes d'un resto route.

 

Imaginez un film de Tarantino sans sa bande son. Aucun intérêt. 

Le mec disait dans une interview qu'il s'enfermait dans une pièce chez lui, il écoutait des CD pendant des heures et puis bim, une chanson lui donnait l'idée d'une scène, cette scène lui donnait l'idée d'un film et chaque scène de ce film devrait avoir sa propre chanson qui collait parfaitement et qui était dans le même esprit que la chanson qu'il a entendue au début. Bon c'était une interview en Anglais, ça rend forcément mieux, mais je pense avoir grosso-modo compris sa démarche.

 

On a tous associé des images, des moments de vie et des tas d'autres choses à une chanson. Quelque part, on fait aussi nos propres montages. Certes on n'a pas le même talent que Tarantino (mais en même temps le gars il est payé pour ça, alors que nous on bosse, on change des couches, on fait à bouffer pour la famille et on regarde W9), mais on se débrouille, on arrive à "sentir" si une chanson colle avec le message qu'on veut faire passer, avec une image, une scène filmée ou une personne.

 

Et parfois, c'est la vie - ou appelez ça comme vous voulez: le destin, le hasard, mon cul - qui se charge de mettre en relation une chanson et un moment de vie. Et c'est pas toujours de bon goût...

 

Situation n°1: l'IRM.

Il y a quelques semaines, je suis allé passer un IRM à l'hôpital. J'attends quelques minutes en salle d'attente au milieu de gens qui boitent, qui toussent, qui pleurent, qui souffrent et on vient me chercher. Je m'installe dans la grosse machine qui fait un bruit assez désagréable, et fort en plus. La personne qui s'occupe de moi est plutôt prévenante, elle me file un casque pour couvrir le bruit. Quelques chansons plus tard, j'entends ça:

https://www.youtube.com/watch?v=JGcgqbU23BQ

 

Situation n°2: le tonton.

"Tu peux passer chercher l'oncle de Machine à la gare avant de venir chez nous comme c'est sur ta route?" Bien sûr frérot, pas de problème je le prends. J'arrive à la gare, je scrute attentivement les passagers qui descendent du train parce que je ne l'ai encore jamais vu. Une personne sort d'un wagon, son physique est proche de la description qu'on m'a faite. Je l'aborde, il me sourit, on se présente. C'est bien le tonton. Il est sympa et souriant, Ca ira pour le trajet. On charge les valises dans le coffre et c'est parti. "J'espère que vous aimez Renaud" que je lui dis. "Oui" qu'il me répond. Les titres défilent et on termine sur ça:

https://www.youtube.com/watch?v=gENe54C6vvI

J'aime bien celle-là, j'ai chanté un petit peu.

On décharge le coffre et on arrive chez Machine et Frérot. Embrassades, rires, tout le tralala.

Machine: "Il est où Truc?"

Tonton: "Il a pas pu venir à cause du boulot".

Moi (à Frérot): "C'est qui Truc".

Frérot (à moi): "Son copain, pourquoi?"

 

Situation n°3: l'incinération de Tonton Jean-Claude.

Tonton Jean-Claude nous a quittés il y a 5 ans maintenant. C'était dur. Un super mec, toujours souriant et serviable, qui aimait rire et ... Johnny. Bon, faut bien avoir quelques défauts.

On lui a dit au revoir en deux fois: le vendredi à l'église en grand comité et le lendemain au crématorium en comité restreint. Le maître de cérémonie du crématorium nous laisse un temps entre nous et nous demande si on veut passer quelques unes de ses chansons préférées avant le moment de l'incinération. On donne le CD, il le met et les hauts-parleurs diffusent ça:

https://www.youtube.com/watch?v=l2i5hIxAMBw

 

Situation n°4: le covoiturage avec une bombe.

Quand j'étais étudiant, y'avait au sein de ma promo une fille... encore plus bonne que la plus bonne de tes copines, comme diraient deux poètes contemporains. Elle me plaisait bien, et je ne savais jamais quoi dire en sa présence. On a sympathisé, on est devenu potes mais je ne lui ai jamais rien dit sur ce que je ressentais.

Un jour, on a dû choisir un lieu de stage. On s'est arrangé pour que ce ne soit pas toujours la même personne qui conduise. Ce matin-là, j'étais le chauffeur. Ambiance sympa, on rigole, on parle de tout et de rien. Je dois aller à l'essence. Je propose de lui laisser la radio pendant que je fais le plein. Je sors, fais ce pourquoi je suis là et retourne dans la voiture. A la radio, on diffusait ça:

https://www.youtube.com/watch?v=x7_Ov6Drwqo

 

 

Que penser de tout ça? Pourquoi? Comment? Qui? Mais où est donc Ornicar? Qui tire les ficelles? Pouvez-vous m'aider? Avez-vous déjà vécu pareils moments?

 

 

 

Posté par Essehl à 10:58 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

11 mars 2015

Un jour, j'ai ... décidé de me reprendre en main.

Afin de savourer la lecture de ce billet, je vous recommande le fond sonore suivant:

Chienne de vie de Fatal Bazooka

 

"La vie est une tartine de merde dont on croque un bout tous les jours." Boris Vian

 

VDM

 

Toute ma vie on s'est payé ma tête. Depuis que je suis né, ça jase, on me regarde en se marrant, on parle de moi même quand je suis dans la pièce (sans forcément chercher à baisser le ton de sa voix en plus), j'entends les gens rire quand je passe près d'eux, je croise leur regard qui n'exprime aucune compassion...

 

C'est fini, j'ai décidé de me reprendre en main, et de montrer qui je suis vraiment!

 

J'ai pris cette décision hier.

J'étais tranquillement planqué chez moi dans mon bureau en train de jouer à Angry Birds de lire une note de service, quand j'ai fait un rapide bilan de ma vie. Plusieurs moments douloureux sont revenus à ma mémoire...

 

- Quand je suis né, j'étais moche. Comme quasiment tous les bébés vous me direz. Frippé, rouge, avec des restants de glaires sur le front et les joues. Jusque-là, rien d'anormal si vous avez déjà assisté à un accouchement. Sauf qu'en plus de tout ça, j'avais une immonde tignasse. Ah j'ai bien fait marrer tout le service alors que j'avais à peine 5 minutes. Quand Maman est rentrée de l'hôpital, ils lui ont filé les selfies qu'ils savaient tous faits avec le Polaroïd de la maternité... Et elle les ressortait à chaque anniversaire que je faisais avec les garçons de l'école qui tapaient si je ne les invitais pas mes copains d'école.

 

- Tiens, l'école. Là aussi j'ai galéré. En plus de mes cheveux qui n'ont jamais été coupés, j'avais des binocles immondes. Les copains du collège ne prenaient même pas la peine de les retirer pour me taper. Je me rappelle qu'en cours de sport, j'ai fini attaché dans un but de hand et les copains devaient me viser la tête. Qu'est-ce qu'ils rigolaient. De temps en temps le prof baissait son journal et comme il voyait que l'ambiance était bonne et qu'on ne venait pas l'embêter, ça lui allait. J'ai dû aussi faire les devoirs de tout le monde et avouer au prof de techno que je trouvais qu'il avait un super cul. C'était pas toujours facile alors, quand ça n'allait pas, j'allais m'enfermer dans l'endroit le plus chaleureux du collège: le CDI. J'avoue, j'étais raide dingue de la documentaliste de l'époque. Pis je sentais que c'était réciproque. Je lui parlais de mes lectures, de mes envies de m'évader, je lui souriais en dévoilant mes dents pourries mon plus beau sourire. Et elle avait vomi, je me rappelle. Dans la poubelle. Mais comme elle est cool, elle m'avait dit que ça n'avait rien avoir avec moi, c'est parce qu'elle était enceinte. Je sentais bien qu'elle aimait que je sois là. Quand je partais elle s'empressait d'aller ouvrir les fenêtres du CDI, parce qu'en plus je puais pour me regarder. Elle me donnait des surnoms affectueux: mon petit puceau, mon sconse des forêts... Un jour, par curiosité j'ai cherché la définitoin de ces mots et j'ai su ce que ça voulait dire...

 

- Puis j'ai grandi. J'ai changé plusieurs fois de ville. J'aimais bien quand on déménageait, j'avais quelques moments de répit. Je pouvais me remettre des beignes que j'avais reçues avant, je me faisais discret quelques temps, là j'étais bien. Et j'ai vu cette fille qui m'a tapé dans l'oeil. Avec une branche. Putain ça m'a fait mal! J'avais retiré mes lunettes parce que je trouvais que ça faisait plus cool. Le souci c'est que je ne voyais pas à plus de 10 cm. L'impact m'a crevé un oeil. Elle a dû tout expliquer à ses parents, qui, gênés, se sont dit qu'elle se devait d'être la copine du petit nouveau qui venait d'arriver. Je passais tous mes mercredis chez elle. Je l'aidais à parfaire ses techniques de boxe, je lui faisais l'aidais à faire ses dissertations, ses copines nous rejoignaient au goûter et là c'était génial: elles me bandaient les yeux et me faisaient manger des tas de choses sucrées et salées, elles m'habillaient en fille pour faire partie de leur bande. Et puis un jour j'ai su que j'avais mangé des crottes de souris, des rognures d'ongles (ça sentait pourtant la cacahuète), du sirop de fraise dans du lave glace... Quatre mois d'hosto...

 

- Mais je ne leur en ai pas voulu. Prises de remords, elles étaient venues s'excuser. Y'en a même une un jour qui a voulu me faire une blague en me vidant ma poche de pisse sur le visage, qu'est-ce qu'on a ri elle et moi! Enfin surtout elle... Je suis sorti de l'hôpital, tout bien retapé. J'ai revu celle qui m'avait tapé dans l'oeil. Elle était toujours aussi belle. J'étais fou amoureux. J'étais devenu un adolescent chétif et boutonneux comme les autres. Un ado dont le corps change. Le temps des premiers émois. Je savais que l'heure de devenir un homme approchait. Tous les racketteurs copains du lycée me disaient qu'ils avaient déjà couché avec leur copine ou leur porf d'Anglais, leur voisine, ou ma mère. Mais ça je n'y croyais pas parce que qu'est-ce qu'elle était moche ma mère! Heureusement que niveau physique, je tiens de mon père. Pour ne pas être pris au dépourvu le jour où je devrai passer à l'acte, je suis parti au Leclerc pour acheter des préservatifs. Je trouvais ça mieux que d'aller à la pharmacie. Je passais plus inaperçu et je n'avais même pas besoin de parler. Je suis allé dans le bon rayon, j'ai pris ce qu'il me fallait et je me suis rendu à la caisse. Personne ne me regardait, ni ne faisait attention à moi. La dame devant moi finissait de mettre ses courses dans son sac, ce fut à moi. La caissière prit la boîte et la passa devant le lecteur de code-barres. Rien. Elle essaya une fois, deux fois, six fois. J'avais arrêté de respirer. Elle a alors pris faire un appel micro pour demander le prix. Le micro ne marchait pas. Alors elle s'est levée et s'est faite aussi discrète que possible pour appeler sa collègue: "VIRGINIE, C'EST POUR UN PRIX!" dit-elle en agitant la boîte. "DUREX PLAISIR INTENSE" "QUELLE TAILLE?" "XS!" Je suis reparti en courant, sans mes capotes.

 

Hier donc, je me suis dit ça suffit.

J'ai viré mon bandeau et j'ai mis mon oeil de verre.

J'ai acheté un nouveau costume.

Je me suis coupé les cheveux (bon je les ai gardés un peu longs parce que j'ai de l'eczema dans le cou) et les ai teints en gris.

Sur un coup de tête, je me suis fait tatouer un aigle dans le dos, ça me donne confiance en moi.

Le nouveau chef arrive.

Plus jamais vous ne me ferez chier.

Je vais vous briser.

Je vais vous faire regretter vos moqueries, vos railleries.

Comme disait Drago dans Rocky IV: "Tou seras KO".

Tremblez, je vais régner sur le collège d'une main de fer.

 

Debout sur ma terrasse juste avant que le soleil se lève, la petite pluie fine ruisselle sur mes muscles bandés et mes abdominaux saillants.

Je me sens fort, invincible, inarrêtable. Je vais vous faire payer.

Alors je me mets à sourire, puis a rire à gorge déployée.

La pluie se fait plus forte.

La tête levée vers le ciel, la bouche ouverte pour goûter à la pluie et les yeux fermés, je laisse la force et la puissance s'installer dans mon corps.

 

"VOUS M'ENTENDEZ LES MERDEUX? JE VAIS V....."

 

Un oiseau m'a chié dans la bouche.

 

 

Posté par Essehl à 14:46 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

08 janvier 2015

Un jour, j'ai ... été dégoûté

Pas de fond sonore mais une minute de silence.

 

"Allah est assez grand pour défendre Mahomet tout seul... Compris?" Tignous

07844089-photo-je-suis-charlie

Posté par Essehl à 08:25 - Commentaires [0] - Permalien [#]

05 janvier 2015

Faut-il des bonnes résolutions?

bonne-annee-garance-dore

 

Voilà, on y est.

2015.

La rentrée et les bises à distribuer, les mercis, les souhaits... Cette année je ne présente pas mes voeux.

 

C'est vrai quoi, est-ce que mes voeux ne passent pas inaperçus auprès des gens quand on leur en a déjà présenté des dizaines, des centaines...?

Est-ce que je dois attendre le premier janvier de chaque année pour souhaiter que les gens se portent bien et soient le plus heureux possible?

 

...

 

Cela dit, je dois reconnaître que ça ne m'est pas désagréable de voir des personnes me sourire et me dire des choses sympas. Et y'a une certaine ambiance, une certaine euphorie, une certaine chaleur.

Et parler à des gens en souriant, c'est pas mal aussi. Ca permet même de discuter avec des personnes qu'on ne connaît pas. 

 

...

Finalement c'est pas si mal je trouve.

 

Je vais peut-être présenter mes voeux alors...

Je souhaite donc tout le meilleur:

 

- à la personne qui suit ce blog

- à la personne qui lit tous les billets

- à la personne qui m'encourage à écrire

- à la personne que je ne vois pas autant que je le voudrais

- à la personne qui m'inspire

- à la personne qui me fait bien rire

- à la personne qui est aussi barrée que moi

- à la personne qui m'est chère

- à la personne qui est toutes ces personnes, et d'autres encore!

 

Je vous adore.

Posté par Essehl à 22:10 - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , ,

10 décembre 2014

Un jour, j'ai... découvert la deuxième journée.

fatigue

Afin de savourer la lecture de ce billet, je vous conseille le fond sonore suivant:

Bah en fait, tout ce qui fait du bruit: cuillère en métal contre une casserole, musique à fond, camion de pompier, clavier Bontempi, boîte de billes qui se renverse, cris d'enfants, "aïeeeeuuuuuuuh, mais elle m'a tiré les cheveux!" ...etc...

 

"Le travail, ça ne mène à rien, ça tue plus vite." Robert Sabatier

 

L'heure approche...

Ca va venir vite...

Trop vite...

Je le sens pas...

Je veux pas y aller...

 

Je ne veux pas rentrer à la maison!!!!!

 

Ca ne vous fait jamais cet effet-là? Jamais vous n'êtes partis le matin en vous disant que vous ne reviendriez pas le soir?!

J'avoue, moi, si!

Tout le temps Souvent en plus!

Encore un soir où la sonnerie anonce la fin de la journée de boulot... Et le début des emmerdes de la deuxième: je veux parler du moment où on récupère les plus odieuses créatures que la Terre ait portées les enfants.

 

Vite, il faut partir du travail en évitant les collègues parce que chaque minute compte.

Vite, il faut grimper en voiture.

Vite, il faut démarrer. Mais bordel, elles sont où ces p****** de clés?!

Vite, il faut aller à l'école et chez la nounou pour les récupérer. Une vieille dame qui ressemble à une tortue veut traverser. Nous on fait ça en 10 secondes, mais elle, apparemment, elle a décidé de me dire merci à chaque pas! Je sens lentement monter en moi l'envie de passer la première, et de lui foutre les jetons! Mais je suis un gentleman, alors magne-toi le cul la vieille, magne-toi le cul!  (J'en profite tant que je suis seul parce qu'après, c'est ceinture)

Vite, il faut arriver sur les passages piétons avant les piétons eux-mêmes.

Vite il faut récupérer la petite chez la nounou. Bonsoir-ça-s'est-bien-passé-aujourd'hui?-Bah-oui-je-suppose-parce-que-ça-va-toujours-chez-vous-ah-les-sacrés-enculés-petits-monstres-ils-aiment-bien-taquiner-leur-papa-hein?!-Allez-à-demain-bonne-soirée!

Vite, il faut aller à l'école maintenant. Ah le voilà! Surtout ne pas lui demander comment s'est passée la journée, il a l'air plutôt souriant, je vais pas gâcher ce moment, chaque détail compte et j'aimerais passer une bonne soirée.

 

Donc, on y va mollo, on pèse ses mots, on montre qu'on est serein et qu'on n'a pas du tout été affecté par les 49 dernières soirées qui ont été horribles.

Voiture, clés, ouverture des portes, toi tu montes et tu t'attaches tout seul parce que t'es grand pendant que j'installe ta soeur.

 

Là...

C'est là...

Enfin à ce moment-là que j'ai commis l'ERREUR. Le petit détail que j'ai négligé, la petite chose à laquelle j'ai pensé toute la journée et que j'ai zappée en quittant ce soir...

Un jouet...

LE jouet...

Celui qui a rendu le trajet maison-nounou infernal ce matin, celui qui les a mis dans un état d'hystérie et de colère dès 7h45. Celui qu'on a en un seul exemplaire mais que tout le monde veut en même temps! Celui que j'ai laissé posé entre les deux sièges des enfants, comme pour les provoquer: le premier qui l'attrape pourra le garder, nananananèreuh!

Bah c'est ce qui s'est passé, un l'a attrapé et pas l'autre.

Et là c'est parti.

Et ça hurle, ça crie, ça pleure, chacun de son côté, ça tape des pieds dans le siège.

Et j'ai pas encore démarré.

Je suis encore sur le parking, et je sens que les gens nous regardent. Alors, dignement, je relève la tête et leur souris, et eux me sourient aussi, mais je sens dans leurs regards, une certaine compassion, un certain respect.

Ils forment une haie d'honneur et me laissent passer. Je roule au ralenti et les fixe un à un, eux ne me regardent pas, ils regardent au loin et ont la main posée sur le coeur.

Bon courage semblent-ils me dire.

 

Je vous passe le trajet, mais ne croyez pas que c'est fini.

 

Parce qu'il faut rentrer dans la maison maintenant.

Je me gare. Deux chiards enfants à descendre, quatre sacs et le courrier à récupérer, et ... il pleut. Fort. 

Pas grave, on y arrive quand même.

Une fois tous déshabillés et que les manteaux et chaussures sont rangés, le grand me dit qu'on a oublié d'aller chez son copain d'école qui est malade pour lui porter ses devoirs.

On respire bien fort. Je ressors les manteaux et étouffe les enfants avec leur demande calmement de les remettre.

On revient à la maison et on recommence.

 

Les enfants sont supprimés un peu calmés et reprennent leur activité favorite: crier et faire du bruit. Grâce à eux, je n'entends pas que le poële à granulés ne s'est pas mis en route de la journée. Je me disais aussi qu'il faisait froid! Petit coup d'oeil au thermomètre: 15 degrés. Je me sens en veine ce soir. Des fois je me dis que quand j'étais bébé, les petites fées ne se sont pas penchées sur mon berceau, ou alors pour faire caca dedans.

Bon allez, pas grave, on va chercher des granulés et quelques paniers de bois dans le garage pour démarrer le feu dans la cheminée. Oui c'est bien ça, allez, il va faire chaud, ça va remonter. Et après, on ferme les volets, on nourrit le chat, on monte mettre le chauffage dans les chambres, on prépare les vêtements pour tout le monde demain, on ferme les volets de toute la maison, on fait les devoirs, on donne les bains, on prépare à manger et sa journée de travail pour le lendemain.

Tout ça sur fond de cris et de pleurs bien évidemment. Ce serait trop facile sinon.

Panier sous le bras, j'enfile mes vieux chaussons pour aller dans le garage chercher du bois. Là je vois qu'une tuile a pété,  sans doute à cause du froid - à moins que ce ne soit juste pour m'emmerder - et que j'ai de l'eau partout. Pas grave, j'évite les flaques et retourne dans la maison pour vider le panier.

Deuxième voyage,

Panier vidé.

Troisième voyage, je remplis une dernière fois mon panier quand la voix douce et fluette de mon fils me hurle : "PAPA LE CHAT VIENT DE RAMENER UNE SOURIS ET IL EST EN TRAIN DE LA MANGER!!!"

Je balance encore deux bûches et retourne vite dans la maison avant que la petite ait envie de goûter à la bête morte. Du coup je fais pas gaffe et marche dans les flaques d'eau. Chaussons et chaussettes trempés.

Je les retire avant de rentrer. Pieds nus, il fait encore plus froid. Direction le coffre à bois pour vider une dernière fois le panier.

Cric.

Oh putain.

J'ai trouvé la souris.

Elle est sous mon pied.

Fait moins froid avec des boyaux entre les orteils...

 

Voilà, il est 18h50 environ. Quand j'entends : "ON MANGE QUOI?!!"

Mais d'où vient de besoin de hurler quand sa bouche est à deux centimètres de mon oreille? Croyez-moi, faut être fort mentalement pour résister à l'envie de lui enfoncer les restants de cadavre dans la bouche.

 

Vu l'heure, on laisse tomber la purée de panais, on va faire des pâtes, c'est bien les pâtes.

Et les bains? Je crois qu'on s'en fout, ils sont toujours moins sales que les enfants du voisin.

Les fringues pour demain? J'irai pas en prison s'ils remettent leurs vêtements.

La journée de travail de demain? On verra quand ils seront enterrés dans le jardin couchés.

 

20h30. Ils sont au lit.

Au boulot pour demain.

J'allume le PC, et l'éteins aussitôt.

Au lit.

Et les collègues demain vont encore me chambrer parce que je me couche à 21 heures.

Posté par Essehl à 15:13 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,